Les “donActeurs”, ces nouveaux acteurs de la générosité

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Les « donActeurs », ces nouveaux acteurs de la générosité…

On a assisté, ces dernières années, à l’émergence de nouveaux dona- teurs, qui visent la pro- fessionnalisation d’une philan- thropie plus stratégique. Complète- ment impliqués et engagés dans le projet qu’ils soutiennent, ces nou- veaux donActeurs veulent créer avant tout un impact et non pas soutenir une cause uniquement « pour faire le bien ».

Ainsi, des agences se sont créées, qui aident à la gestion des activités « caritatives »  ou le patrimoine de familles et d’individus. Elles pro- diguent des conseils stratégiques et proposent des projets « taillés-sur- mesure » en fonction de leurs attentes, tout en les informant régulière ment du suivi.

Nées de la culture anglo-saxonne, ces agences se sont implantées également dans le reste de l’Europe. Elles ont pour rôle de faciliter la tâche des mécènes, en sélec- tionnant des organisations gérées avec rigueur et en leur faisant gagner du temps, car elles suivent de près toutes les étapes de mise en place.

Ces intermédiaires aident aussi ces donateurs à définir ce qu’ils sou- haitent et à se poser les bonnes questions quant à l’aide qu’ils veulent apporter.

« Les étapes de collaborations avec nos donateurs sont clairement définies », explique Etienne Eichenberger co-fondateur de « wise » (www.wise.net). « Nous les écou- tons pour les aider à cerner leur profil d’engagement. Nous iden- tifions ensuite un portefeuille d’organisations partenaires fiables, qui apportent une réponse crédible et efficace aux problèmes identifiés.

Puis, nous planifions la mise en œuvre de l’engagement en déter- minant des résultats concrets et enfin nous assurons le suivi et le « reporting » du projet une fois qu’il est lancé ».

“Donner son argent nécessite autant de rigueur et de pro- fessionnalisme que d’en gagner…” Bill Gates

Dans certains cas, les exigences de ces nouveaux donActeurs peuvent être contraignantes pour l’orga- nisation bénéficiaire et impliquent du travail supplémentaire. Mais elles favorisent aussi de meilleures pratiques.

« Nous choisissons les béné- ficiaires qui peuvent intégrer les demandes des mécènes » éclaircit Sandra Keller, Directrice de Carigest SA (www.carigest.ch). « Les bénéficiaires acceptent en général les règles du jeu et apprécient finalement d’avoir des « guide lines »clairs pour la gestion de leur projet. Même si au départ ils sont réticents face à ce nouveau mode de gestion et au travail sup- plémentaire occasionné, ils pren- nent ensuite conscience qu’il s’agit d’un moyen de mieux cadrer et de valoriser leurs activités ».

Les organisations et les projets sont choisis avec méthodologie et sur la base de critères tels que le potentiel de développement du projet, son impact, la situation financière de l’organisation et les références de ceux qui gèrent le projet. Les agences intermédiaires privilégient les co-financements, car les mé- cènes ne souhaitent pas être les seuls donateurs d’un projet.

Au delà du soutien financier, des missions sur le terrain…

Désireux de s’investir dans un réel partenariat et de manière concrète, les donActeurs souhaitent égale- ment mettre à disposition des bénéficiaires qu’ils soutiennent, leur temps et leurs compétences.

Ainsi, on a vu naître des séjours humanitaires dont le coût est financé par des particuliers. L’organisation française «Planète urgence » (planete-urgence.org), propose des missions variées, telle que l’animation d’une biblio thèque de brousse au Madagascar, la formation de monitrices d’une crèche à Bamako ou la protection de la faune au Zimbabwe.

Le donateur finance son séjour de quinze jours avec environ 2’000 Euros, tout en devenant membre d’honneur de l’association (coti- sation de 1’500 Euros).

Bien que cette tendance ne soit pas à l’abri des dérives d’une exploitation touristique, ces séjours suscitent un vrai engouement, puisque plusieurs centaines de volontaires partent chaque année. « J’ai rencontré des gens de valeur. Cela me permet de relativiser et de prendre du recul par rapport à ma vie de française privilégiée » témoigne une volontaire.