Crise : quel impact sur les ONG ?

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Si la crise a un impact certain sur l’économie de nombreux pays, qu’en est-il de la Suisse ? Selon le dernier numéro de Bilan, ” une seule chose semble certaine : ralentissement il y aura, reste à connaître son ampleur…” En ce qui concerne les spécialistes de recherche de fonds la question est de savoir quel impact aura le ralentissement économique sur leurs résultats.

Bon nombre de gourous du fundraising s’accordent pour dire que c’est n’est pas le moment de baisser les bras !

Et s’il fallait traiter la crise comme une opportunité à saisir ?

Selon Bernard Ross, spécialiste fundraising de renom en Angleterre et directeur du « Management Centre », il ne faut surtout pas réduire les budgets de recherche de fonds « Don’t commit recession suicide ! » martèle-t-il, « c’est le moment d’investir au contraire, pour maintenir le même niveau de rentrées financières ».

Pour Marcello Iniarra, consultant et directeur de www.marceloiniarra.com, c’est peut-être en période de crise que l’on a le plus besoin des acteurs sociaux et humanitaires… Il suggère de prendre exemple sur l’organisation Greenpeace en Argentine qui, malgré la crise majeure que le pays traversait entre 1998 et 2002 (22% de taux de chômage, 350% de dévaluation de la monnaie et 50% d’argentins vivant en-dessous du seuil de pauvreté), était parvenue à augmenter les dons.

Pour Marcello Iniarra, qui était alors responsable de la recherche de fonds et des campagnes chez Greenpeace International, ces résultats étaient une conséquence directe du « Kit de survie » qui avait été alors mis en place.

Survival Fundraising Kit

  • Redouble d’efforts pour atteindre tes objectifs
  • Ecoute plus que jamais tes donateurs
  • Mesure régulièrement l’impact de la crise sur tes programmes fundraising (taux de réponse, moyenne des dons, nombre de nouveaux donateurs, etc.)
  • Planifie à court terme et évalue constamment les résultats
  • Concentre-toi sur les stratégies de fidélisation pour garder tes donateurs acquis (révise toute la communication avec tes donateurs et assure-toi qu’elle est adéquate en cette période de crise)
  • Et surtout adopte la « positive attitude »!

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Quant à Tony Elischer, le célèbre Directeur de l’agence anglaise « Think Consulting Solutions», il affirme : « contempler ce qui ce passe n’est pas une solution, il faut agir ! ». Ses estimations quant aux changements qui vont advenir sont les suivantes :

Fondations

Pas d’impacts majeurs pour le moment, car les contributions sont versées selon les résultats des douze à vingt-quatre derniers mois. Cependant, l’impact pourra être important dans le futur selon les investissements qui ont été faits par les fondations. Elles vont se concentrer sur les projets qu’elles soutiennent déjà et ne prendront que difficilement des risques en finançant de nouveaux projets. Les contributions pourraient également être versées pour des périodes plus courtes.

Entreprises

Probablement le secteur qui sera le plus statique, voire déclinant comme source de financement. Certaines ONG ont déjà pu faire la mauvaise expérience de contrats interrompus. Les portes des entreprises risquent de se fermer aux organisations, car elles se concentrent aujourd’hui sur leur propre survie. Leur priorité sera leur clientèle à toucher et à conserver. Aussi, une organisation devra-t-elle tenter d’offrir des partenariats qui les aident dans leur stratégie prioritaire.

Individus

Le recrutement de nouveaux donateurs deviendra très difficile et les organisations devront redoubler d’efforts, d’imagination et de créativité, pour acquérir de nouveaux donateurs. Elles auront à se concentrer sur les donateurs déjà acquis et à redoubler d’efforts pour les fidéliser.

Donateurs importants (Major donors)

C’est probablement la source de financement qui a été la plus porteuse ces dernières années. C’est le moment de bien comprendre d’où proviennent exactement les dons importants que reçoivent les organisations de leur « Major Donors » et quels est leur potentiel financier. Il est possible qu’aujourd’hui les « major donors » prennent plus de temps à choisir une cause et à se décider. Ils auront probablement besoin d’être « choyés » et suivis de près pendant plus longtemps, avant qu’ils ne s’engagent avec un don important.

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Pour en savoir plus sur les estimations et recommandations des spécialistes en recherche de fonds, le blog www.recessionwatch.blogspot.com est une source d’inspiration très utile.