Mars 2007
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Editorial
L’évaluation de projets : un atout pour augmenter la confiance des donateurs
Quelles sont les institutions à but non lucratif qui évaluent l’effica-cité de leurs projets ou pro-grammes ?
Malheureusement peu d’entre elles, exceptées les grandes ONG, qui sont obligées de rendre des comptes à leurs donateurs, pour des contributions très importantes.
Le coût d’une telle démarche est le premier obstacle pour bon nombre de petites et moyennes associations. Engager un specialiste « évaluateur » est coûteux.
Cependant, les exigences des donateurs augmentent.
L’époque des bonnes intentions est révolue, on requiert aujourd’hui des organisations caritatives, du professionalisme et surtout de la transparence.
Quelque soit le montant de leurs dons, les donateurs ont besoin de réponses à leurs questions : où va mon argent ? Arrive-t-il à destination ? Mon aide est-elle utile ?
Une association qui se donne les moyens d’évaluer ses projets, dans la mesure de ses possibilités, va forcément bénéficier d’un atout sup-plémentaire aux yeux des donateurs…
Ilona Pongracz
Directrice d’EthiKa
Quand les organisations font appel aux « peoples » pour récolter des fonds
Ils s’appellent Bono, Sharon Stone, Angelina Jolie et profitent de leur statut de star pour lever des fonds pour une cause. Bon nombre d’organisations d’envergure internationale ont au moins une célébrité parmi leurs « ambassadeurs », « porte-paroles »
ou autres « parrains / marraines». Et même les petites
organisations suivent le mouvement !
Les raisons qui les motivent à faire appel au monde des stars sont diverses : sensibiliser l’opinion publique à une cause, profiler l’organisation et accroître sa notoriété et le plus souvent récolter des fonds.
« Nous faisons appel à des célébrités lors de nos soirée de Gala » explique Tiziana Bellucci, Directrice générale d’Action Innocence (www.actioninnocence.org): « Grâce à leur présence, nos événements remportent toujours un grand succès et nous récoltons des fonds pour financer nos activités. »
Mais quels sont les risques d’associer le strass et les paillettes à des causes liées à la famine, aux massacres ou aux enfants démunis ? Comment concilier le « glamour » avec la misère et la souffrance ?
« Strass et paillettes nous permettent de sensibiliser l’opinion publique et de mener à bien nos projets. Pour nous la situation est très claire, les stars augmentent leur capital sympathie et l’Association bénéficie de leur talent et leur notoriété pour faire avancer la cause » répond Tiziana Bellucci.
Selon un article dans le « Gardian» le personnel de nombreuses ONG qui travaillant sur le terrain, s’accommode mal de la présence de stars au chevet d’enfants malades ou dans un camp de réfugiés. Ainsi l’équipe de l’Unicef travaillant en Inde a le sentiment que l’organisation vend son âme pour de l’argent et perd ainsi son intégrité.
« Maintenant lorsque les gens pensent à l’ONU, ils pensent avant tout à Angelina Jolie avant de considérer tout le travail qui est fait après les désastres humanitaires» témoigne un responsable du HCR basé à New Dehli.
«Les célébrités permettent à L’Unicef de toucher des millions de personnes sur une problématique, alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant» se défend le porte-parole de l’Unicef en Angleterre. « Ce processus a permis de générer d’importants moyens financiers. Cette collaboration se révèle donc tout à fait positive » ajoute Elsbeth Müller, directrice d’Unicef Suisse.
Fiona Hefti, Miss Suisse 2004
Les « peoples » véhiculent une image de frivolité et ce cliché a la vie dure. Pourtant ce n’est pas l’expérience de l’EPER – Entraide Protestante Suisse (www.eper.ch). «Lorsque nous avons collaboré avec Miss Suisse en 2004, nous avons été frappés par son engagement envers nos projets et le sérieux avec lequel elle a rempli son rôle » explique Marianne Tellenbach, responsable de la communication.
Aux Etats-Unis, il existe même des sociétés qui donnent des cours aux stars et leur apprennent à devenir de bons « ambassadeurs ». Une « école de l’engagement » en quelque sorte, puisqu’elle apprend aux célébrités à représenter au mieux la cause qu’elles défendent..
Pour en savoir plus sur ce thème, une conférence gratuite est organisée par Rezonance à la Maison de la Communication (ch. de Florimont 1, Lausanne) le jeudi 22 mars 2007 à 18h00. Pour s’inscrire : www.rezonance.ch